mercredi 14 mars 2012

Où je m'immerge une journée dans la misère du Monde



Le rendez vous était fixé à midi et demi. La veille, je m'étais rendu à un entretien d'embauche d'une compagnie de marketing. Reçu par le directeur qui m'avait exposé de manière succincte le fonctionnement de son entreprise, je l'avais de toute évidence intéressé puisque j'étais convié à une seconde entrevue, cette fois pour voir sur une journée leur fonctionnement.

Convié une seconde fois pour un emploi, j'avais évidemment accepté. Conformément aux consignes je me suis dirigé à l'heure dite vers leur bureau, dans des chaussures confortables comme indiqué, et vêtu du costume cravate de rigueur. Enfin, n'en ayant guère qu'un à ma disposition, nécessitant une visite au pressing, avec quelques taches que j'essayais de cacher au mieux, comme celle de ma cravate, en plein milieu évidemment.

Des bureaux, j'en ai découvert une multiplicité durant ma recherche de travail. Des ruches fourmillantes aux locaux sordides. Ici, c'est à un open space design avec mezzanine que je suis confronté, avec hôtesses à voix charmeuses et musique de fond tendance. Cette fois pour une seconde visite je n'ai pas droit à la salle d'attente du bas, réservée aux nouveaux venus, mais à la mezzanine ou je vais patienter à coté de ce qui est sans conteste un jacuzzi, en compagnie d'un écossais à l'accent prononcé fan de AC/DC. Enfin c'est la seule chose que j'ai pu comprendre de cet accent du nord, entre mots à moitié avalés et roulages de R.

Après une longue attente, à compter les solives du toit, la journée peut commencer. J'ai la chance pour ma journée qui sera d'observation d'être sous la houlette du directeur lui même, qui va chapeauter un jeune employé, Miguel, visiblement en délicatesse avec le métier.

Direction le terrain. Je vais enfin savoir ce qu'il en retourne. Après une introduction de la compagnie, ainsi qu'une évocation de son cursus personnel, je suis mis dans la confidence par le directeur. La compagnie fait du markéting direct, c'est à dire un contact direct avec les clients potentiels. Je pense benoitement que notre destination est un centre commercial, mais je comprends que ce démarchage se fait de porte à porte.

C'est vers Brixton que nous allons. Brixton pour ceux qui ne connaissent pas Londres, c’est un quartier  ou l’on retrouve une forte communauté africaine et caribéenne. C’est aussi un chômage nettement plus élevé que la moyenne nationale. C’est ici qu’en avril 1981 éclatèrent de violentes émeutes après une interpellation musclée. 30 ans après le quartier s’était à nouveau enflammé lors des émeutes de l’été 2011.

La cible la voilà. Le directeur dévoile avec un verbe tout commercial les raisons de cette démarche, la plus grande proximité avec les gens, le retour direct. Le client, VSO, une ONG qui envoie des volontaires en Afrique. Nous allons démarcher les gens chez eux afin de leur demander un soutien financier régulier. Arrivé à la station de Brixton, après un claquage de main avec les autres commerciaux se dirigeants vers leur secteurs respectifs, nous voilà partis vers le notre.

A ce stade, je me demande déjà ce que je fais ici. Surtout qu’en avançant, nous nous dirigeons vers les quartiers les moins avantagés. Le directeur et l’employé novice enfilent leurs superbes chasubles de l’ONG qui ne dépareilleraient guère lors d’une manifestation, et le travail commence. C’est parti pour huit heures de porte à porte.

Un monde d'entraide, un monde parfait...
Il est deux heures et demie. A ce moment de la journée ce n’est évidemment pas des gens travaillant que l’on peut rencontrer, ce sont des mères de famille, des chômeurs ou des retraités. Aussi le travail consiste ici plus à tâter le terrain. Le jeune employé intimidé bredouille les présentations,  souvent relayé par le directeur, qui affiche le sourire chaleureux d’un vendeur de mutuelle, la poignée de main aussi franche que ses intentions. Je vois devant moi se dérouler la panoplie du parfait commercial. Tout est bon pour attirer la sympathie. S’agit il d’une mère de famille avec son enfant, le sourire au petit censé briser la glace, s’agit il d’une personne d’origine Caribéenne, des questions sur son pays.

Mais le métier est ingrat, les portes fermées succèdent aux refus. Pourtant au bout d’une heure la première prise va arriver. Il s’agit ici de Robert, un jamaïcain sexagénaire. Dans une maison de banlieue anglaise typique, il nous ouvre la porte. Face au directeur qui récite son petit discours, un homme que l’on sent fragile. La voix suggérant l’absorption de médicaments ensommeillant. Il se dit intéressé par la charité, répond par monosyllabes, et face à un commercial convaincant, nous invite à le suivre dans sa cuisine, où fleure bon l’odeur d’une marmite de poulet sur le feu. Il se voit alors expliqué l’importance de son soutien, et remplit un formulaire de parrainage. Enfin rempli, le directeur s’en charge, sans laisser le temps à ce pauvre homme de réfléchir. La cuisine est vieille, l’évier couvert de tartre, des taches de cuisine jonchent les murs dont la peinture s’écaille, et la maison est étroite. La nausée monte en moi. Non du fait de l’odeur de cuisine, mais de la sensation malsaine de voir une arnaque devant moi, de voir un homme privé de sa volonté par le boniment d’un commercial expérimenté, qui va se faire extorquer 8,50£ par mois pendant un an ou plus. Un homme de surcroit au chômage, et quand on sait que le paiement ici est de 65£ la semaine, on se demande comment ce pauvre homme peut faire ce geste. Il s’exécute cependant dans un état comme second, et nous donne ses détails bancaires. Première mission accomplie…

Une fois les remerciements d’usage donnés, nous laissons cet homme, non sans lui avoir laissé la preuve de son engagement avec la photo de la personne qu’il parraine, un professeur bénévole envoyé au Rwanda, car comme le disait Nelson Mandela revisité par le directeur marketing, l’éducation est la clé.

Nous repartons. Je n’avais pas envie de ce travail auparavant, j’en ai désormais un dégout profond… Je poursuis cependant l’aventure, curieux de connaître ce monde. Il est ingrat, le directeur m’explique que nous cherchons les 10% de gens susceptibles de donner spontanément, soit dans notre cas, au mieux 3% des personnes que nous pourrons croiser aujourd’hui chez elles. 3% et un nombre conséquent de refus et de portes claquées.

Ainsi pendant des heures se poursuit notre route, de refus en refus, de personnes souhaitant s’engager et ne le pouvant. Contrairement à la France, les britanniques donnent un accueil plus favorable à ce type de démarches, et c’est dans une banlieue défavorisée que l’on trouve le plus d’ames charitables semble t’il.

Il y a aussi les risques, devant un pavillon mal entretenu, la porte entrouverte par un homme gigantesque bandana à la bad boy sur la tête, le regard méfiant, et pour tout dire inquiétant. Nous ne nous attardons pas sur cette maison, le directeur me disant après qu’il y a des lieux où il ne rentre pas, où l’on sent qu’il ne rentre pas dans les détails, pour ne point apeurer un employé potentiel. Bien sur, en chemin, m’est déroulé des cours de marketing pour béotien de cours du soir. Des lieux communs sur les avantages et les désavantages de la publicité télévisuelle, par papier… Aussi offerts à mois, les méthodes de réussite du parfait démarcheur, les 5 points pour réussir une conversation, les 8 points de la réussite du parfait commercial.

Le temps et long, le jeune employé est toujours aussi peu efficace, n’arrivant pas à parler aux gens, sauf dans le cas d’une femme péruvienne comme lui parlant en espagnol. La pause déjeuner arrive enfin.

Dans un fast food local le directeur continue ma formation, j’en apprends plus sur les méthodes de promotion. Tout le monde commence par la base, et tout le monde doit pendant 7 mois démarcher à domicile. J’en apprends surtout plus sur le système de rémunération… Chaque contrat conclu et confirmé dans les deux semaines donne 25£ au démarcheur, et c’est tout… Pas de prise en charge des transports aux prix prohibitifs sur Londres, pas de prise en charge des repas. Un salaire uniquement commissionné, la belle affaire.

Déjà écoeuré pour les clients, j’en deviens ecoeuré pour les employés. Le novice d’aujourd’hui travaille ainsi depuis deux semaines sans salaire. Une de formation, une passée sur le terrain sans résultat, huit heure de marche par jour pour ne pas récolter un centime… De la pitié pour les proies me vient de la pitié pour les apprentis chasseurs.

Je finis dans ces réflexions la tournée. Elle se termine à 8 heures et demie du soir, dans le froid désormais mordant, sans aucun autre contrat supplémentaire conclu. Le bilan de notre néophyte sera nul encore une fois, dur apprentissage d’un métier. J’ai de la sympathie pour le directeur qui a gravi durement les échelons depuis son arrivée de Bulgarie, et qui considère ce métier comme un ascenseur social. Je ne peux également m’empêcher de penser aux « Portes de la Gloire », et à l’exploitation du misérabilisme.

Mêmes ficelles, mêmes cibles. Seuls les mandataires sont plus valorisants. Il n’est pas proposé aux gens un dictionnaire ou un aspirateur, mais une modeste contribution de 25 pence par jours, 8,50 £ par mois et ainsi de suite, à une organisation caritative. Dans cette banlieue pauvre, nous avons rencontré une femme nous disant étant déjà investie dans 20 organismes différents…

Petit Panda a besoin d'argent
Les clients de cette démarche, ce sont des ONG, dans ce cas VSO, mais aussi pour cette compagnie, WWF, la Croix Rouge, d’autres encore utilisent les mêmes canaux. S’appuyant sur des compagnies construites sur un mode pyramidal, avec une compagnie originelle à Boston, essaimant dans plusieurs pays, et multipliant les bureaux. Pas de couts pour ces ONG qui reversent juste une partie des contrats conclus aux démarcheurs et aux dirigeants… Les démarcheurs ont comme perspective idéalisée le management sous 10 mois, avec un salaire potentiel tenu secret mais présenté comme avantageux.

En attendant, les heures à marcher dans le froid, à ranger sa fierté malmenée par les refus, à oublier ses principes annihilés par le public visé. Les cibles ne sont pas à Notting Hill, Kensington, Hamstead ou un autre quartier aisé. C’est vers Brixton Peckham, Bermondsey que se tourne les agences.

Sous prétexte de charité, sous l’appellation réelle d’œuvre humanitaire, les ONG citées plus haut se financent sur la misère des gens d’ici, entrainants la précarité des commerciaux de terrain. Les gens de conditions modestes partageant une part du peu dont ils disposent pour venir en aide aux plus défavorisés. Des commerciaux poussés au chiffre et amenés à renier leur morale pour survivre, ce monde est bien triste.

J’ai laissé mes compagnons d’un jour à la station de métro. Je leur ai dit ne point vouloir retourner au travail de terrain. Je n’ai pas voulu anéantir leur monde, leur dire tout le mal que je pensais de ce système.

C’est donc ainsi que marche les choses, les pauvres aident les pauvres, l’argent coule à la City, et un chômeur fatigué par la vie donne une petite part de sa faible pension pour les pays défavorisés. Je ne verrai plus les ONG pareils. Alain Finkielkraut considérait que les personnes s’engageants dans une cause se donnaient bonne conscience. Les stars faisant leur promotion se l’offrent sans doute, les gens d’en bas se la font extorquer… Les bénévole des ONG sur le terrain savent ils seulement d’où proviennent leurs financements ? Il est temps que les choses changent…

dimanche 11 mars 2012

Où l'on nous rejoue une vieille mélodie de la dernière chance

Chaud public avant le coup d'envoi de France-Angleterre...
Ah, on me dit que ce sont des militants UMP
Des milliers, des dizaines de milliers de militants  ont assisté au discours de Villepinte du président sortant, dernière cartouche d'une campagne bien mal embarquée. Combien réellement? Difficile à dire, voire impossible, avec des chiffres sur lesquels même les responsables de l'UMP ne s'accordent pas, variants de 30000 pour un Fillon toujours aussi prudent, à 70000 pour un Copé aux accents marseillais. Venus spontanément de toute la France apporter leur soutien à un président malmené, ou plus surement par TGV spécialement affrétés par le parti majoritaire. Démonstration de force, en écho au slogan de campagne, sur sa désormais traditionnelle musique martiale, Nicolas Sarkozy est arrivé  sous les vivats, pour rejoindre une estrade monumentale, où seule la prédominance bleue du fond tranchait avec ce décor stalinien.

Alors, pendant une heure, le chef de l’état galvanisé a prononcé ce discours qui doit être la base de sa reconquête. Qu'a t'on entendu? Un nouveau mea culpa sur les ratés du quinquennat, mâtiné de références à la crise dont le plus dur a été évité par le Président. Les cibles sont toujours les même, l’assistanat, les étrangers, et les syndicats, corps intermédiaires responsable de l'immobilisme. Mais, en cohérence avec la stratégie de décrédibilisation du candidat socialiste, l'accent était mis à la place de la France dans le Monde. Dans ce décor rappelant les conventions américaines, le président sortant a endossé l'image du protecteur, de celui qui a garanti la place de la France dans le monde, et qu'il se promet d'accentuer.

Comment? alors que François Hollande a eu l'outrecuidance de parler de modifications des traités européens, s'attirant l'opprobre des autres dirigeants conservateurs et la critique de la Sarkozie, le président lui se le permet. Pour réguler les flux migratoires, la France pourrait suspendre les accords de Schengen de manière unilatérale, pour forcer à leur négociation. De même sur la protection du commerce et un plan de soutien à l'échelle européenne, parallèle du Bail American Act que la France pourrait mettre en œuvre unilatéralement pour convaincre ses partenaires.

Mamie, Bruni et Depardieu à la rescousse...
Deux poids deux mesures, où l'évocation de la stature internationale ne semble autorisée qu'à Nicolas Sarkozy... Sans doute galvanisé par le soutien des poids lourds allemands, espagnols, italiens et anglais, le président s'offre le rôle du  réformateur européen en majesté, forçant la réforme, étrange revirement....

Le travail enfin et les 35 heures, ce supposé boulet de la réussite française qu'il faut faire sauter maintenant, comme une évidence 5 ans après son accession au pouvoir. Sans doute entre temps les syndicats étaient trop puissants pour empêcher leur remise en cause... Quant à avoir un programme, il faudra attendre encore, le président préférant ménager le suspens.

Mêmes ficelles ressorties, déni de responsabilité et une stature de président qu'il semble, à l'entendre, être le seul à pouvoir endosser, avec le coup de force sur l’Europe comme idée choc. Une opération de communication bien huilée en somme, soutenue par les ténors du sarkozysme qui se sont succédés depuis le début de la matinée à la tribune, pour pourfendre cet incompétent rival, laissant les bons morceaux au candidat. On a eu droit au retour des soutien people, rameutés pour donner de l'éclat de 2007 à  la campagne, entendu un Gérard Depardieu parler d'un candidat qui ne fait que du bien, comme le Synthol de nos grand mères en somme... Pas de Jean-Louis Borloo ou de Rama Yade en revanche, qui avaient décliné l'invitation, pas plus que de Dominique de Villepin, convoqué à tort par le Parisien, sans doute trompé par le nom du lieu choisi.

Entre Spielberg et la Soupe au Choux
Sur sa soucoupe le candidat président va t'il enfin décoller?
Le Sarkozy de 2012 est finalement une version sous stéroïde de celui de 2007, avec tout en plus gros, meetings encore plus gigantesques, et surenchère de communication, pour rameuter les brebis apeurées par le vil monde dans le bercail présidentiel. Il y a là quelque chose d'indécent à voir ce podium illuminé tellement imposant qu'il rend minuscule ce candidat en son centre, dans les rares plans larges. Un gigantisme de surenchère, excessivement onéreux, qui se voulait une réplique hollywoodienne du discours inaugural de François hollande. La démonstration de force écœure cependant, tellement ce décorum surdimensionné  ressemble à une opération marketing... Ce n'est pas par les idées que le président souhaite convaincre les Français, c'est avec des images fortes.

Il faudra plus que des TGV et un décor de cinéma pour amener 50% des électeurs de son coté en mai prochain. Espérons que la surenchère de communication s’arrête ici, où bientôt les candidats comparerons leur chance non à la qualité de leur proposition, mais à la taille de leur estrade. Gageons que ce n'est pas forcément celui qui aura la plus grande qui l'emportera, et qu'il ne sera pas nécessaire d'en appeler à remplir les stades pour rameuter les foules.

Car ce qui nous a été offert aujourd'hui, n'est guère que la démonstration de force de l'UMP qui avait battu toutes ses sections pour rameuter le public. Car le président sortant à besoin d'aide comme le dit sa désormais habituelle conclusion. Aidez moi demande le chantre de la France forte, un comble... Ce grand meeting, achevé sous des vivats reste la dernière chance d'un candidat contesté. S'il lui a permis sans doute de rassembler son camp, et d'y remettre de l'ordre, on peut espérer que les français sauront voir dans cette démonstration une indécente démesure instrumentalisée pour les convaincre....

Enfin, un président qui conclut son discours un peu après 15 heures, car dans sa stratégie de reconquête se présente une autre étape. A l'heure ou l'équipe de France de rugby devient plus populaire que celle de football, pas question pour le président de manquer le coup d'envoi de France Angleterre. Il y a retrouvé ses adversaires François Holande et François Bayrou eux aussi conquis par la fièvre ovale. En période électorale pas question de laisser passer la moindre occasion.

mercredi 7 mars 2012

Juste retour, Monsieur, des choses d’ici-bas ; Vous ne vouliez point croire, et l’on ne vous croit pas


Tartuffe, voilà l'attaque d'un président dépassé. Dans l'émission des "Paroles et des actes", passage obligé de tout candidat à la présidentielle, ou l'introspection people se mêle à l'économie, dans un fourre tout hétéroclite que l'on sert aux Français, sorte de prêt à voter présidentiel.

Position du grand oral ou l'humilité surjouée?
L'émission n'a pas atteint des sommets de qualité. Un président ourdi à l'exercice solitaire de la communication, faisant habituellement questions et réponses, pour une fois, et sans doute la seule de son mandat, s'est retrouvé mis sur le grill tout relatif du service public. Je dis relatif, car dans les sujets évoqués, les maitres du jeu se sont bien gardés de mettre au menu les affaires judiciaires qui tournent autour des proches du président. Pas de  Bettencourt ni de Woerth au programme, trop risqués sans doute pour l’intérêt d'une campagne où le suspense semble faible.


Cependant, Nicolas Sarkozy dut s'expliquer, sur beaucoup de choses. Fouquet's, EPAD, Bolloré, et langage châtié ont été évoqué. Que dire des explications? On a vu un président en retrait, à la gestuelle limitée, voire pour une fois presque renfermé, et beaucoup d'excuses sur les sujets polémiques. Excuses mais aussi déresponsabilisation personnelle quasi systématique. Le bling-bling des débuts; une période familiale troublée. L'EPAD pour son fils; une erreur qu'il ne pensait pas sujette à polémique. Ses sorties virulentes; une réponse trop spontanée à l'agression, malencontreusement filmée. Des fautes reconnues mais minimisée comme-ci ce n'était pas son comportement qui était fautif, mais celui de ses critiques, avec au passage un laïus inopportun sur le physique supposément disgracieux de l'interlocuteur du Cass' toi pauv' con.

Ce qui est formidable chez le président sortant, c'est cette aptitude à systématiquement rejeter la responsabilité. Les erreurs personnelles ne le sont que parce qu'elles sont stigmatisées comme telles. Comme un sportif dopé, Nicolas Sarkozy en cycliste chevronné pratique la méthode du '"pas vu pas pris". Faisant fi de sa surmédiatisation qu'il a lui même mis en scène depuis 2002, il reproche à ses suiveurs la surdoses des effets pervers.

La version bilan souffre des même ficelles. Les réformes non faites, les chiffres du chômage en berne, c'est la crise, uniquement ou presque. Le déficit pour une forte part aussi, l'autre venant d'un gouvernement précédent dont il n'aurait, à le voir ainsi critiqué, pas été une composante majeure... Le reste n'est que mensonges et contres vérités, une facilité rendue possible par l'instrumentalisation de chiffres de croissance ou de chômage que lui seul connait, sans doute parce qu'ils n'existent nulle par ailleurs...

Contre l'oubli rien ne vaut un bon coup de marqueur
On croit rêver dans ce numéro de bluffeur émérite, reconnaissant ses torts les moindres, pour recouvrir de vertu les tranches de son bilan contestables. A l'entendre il n'y eut donc pas d'avantages pour les plus riches durant son mandat, et l'on se demande à combien le président chiffre t'il un possible avantage.

Erreurs pas si grandes donc, et une stature à relever à tout prix, puisque François Hollande n'a définitivement pas la carrure pour endosser le costume. D'arrogant le mois passé, le voilà dans la bouche du candidat UMP redevenu un homme sans carrière politique, un béotien du métier.

Restait le passage le plus attendu, le duel avec Laurent Fabius, premier ministre de Mitterrand dans les année 80, rédacteur d'une grande partie du projet socialiste, orateur brillant, et pour l’anecdote people, corollaire présidentielle, figurant au tableau de chasse de la première dame de France. Le duel ne fut pas courtois comme la rencontre Juppé-Hollande, entre deux animaux politiques de haut rang. Pour un Nicolas Sarkozy qui n'avait pas été confronté à un rival politique depuis 2007, l'exercice était de taille, exercice dans lequel il ne se montra que peu rouillé, retrouvant ses réflexes habituels, l'attaque frontale. On vit un Laurent Fabius dépassé au départ, renvoyé à ses antagonismes passés avec François Hollande, obligé de se justifier, retardant d'autant l’évocation du bilan de Nicolas Sarkozy.

Un acte pour la culture
Le président réhabilite le théâtre
Mais il faut croire que chez celui-ci, le mot de trop n'est jamais loin, attaquant Laurent Fabius sur son soutien passé à DSK, justifiant ainsi par une bassesse qu'il n'avait pas de comptes à lui rendre... Oubliant également que c'est lui même qui l'avait poussé à la présidence du FMI, c'est sans doute cela la mémoire sélective. Cependant, le débat finit par porter sur le bilan du quinquennat, plus dur à manipuler pour le président sortant, et sur les propositions bien faibles pour le prochain mandat. C'est après qu'intervint le Tartuffe lancé au visage d'un Fabius circonspect. Bassesse plus raffinée que celle auxquelles le président nous avait habitué, sans doute aidé par ses notes dont une caméra malveillante à dévoilé durant le débat les coup bas préparés à l'avance, surlignés au marqueur... La répartie de Laurent Fabius fut évacuée d'un cuistre, montrant décidément qu'en matière d'invective, le président avait pris des cours à la Comédie Française. Il n'empêche qu'une insulte ne perd pas de son caractère, enrobée de littérature française...

Que retenir de cette émission? Difficile de trouver un vainqueur au débat, avec un Laurent Fabius faisant l’édredon comme pour mieux laisser de l'espace au caractère tempétueux du président sortant. Celui-ci reste cependant sur la défensive, évacuant de petites phrases un bilan qu'il traine effectivement comme un boulet. Un boulet dont il aura du mal à se débarrasser, tellement ses propositions semble peu évidentes. Les plus audibles reprennent les vieilles recettes de la division, la chasse aux étrangers et  à l’assistanat relancées, sans mot dire des préoccupations majeures d'emploi et d'éducation. Au surplus, l'actualité de ces derniers jours a été dominé par la polémique sur le hallal, qui met en lumière les dissensions de sa majorité, poivrée d'une visite chahutée à Bayonne.

Pas de quoi redorer son blason et relever sa carrure présidentielle. Cette rencontre qu'il appelait de ses vœux, dans une émission à l'audimat élevé, d'autant plus qu'à sa demande elle avait été reportée un mardi, aux cases plus porteuses, n'aura pas eu l'effet de levier escompté. Sur 3 heures, les Français auront vu un condensé d'excuses, de justifications, de déresponsabilisation, enrobées d'effets de manche classiques, appuyés par des chiffres comme trop souvent erronés. Le débat tardif n'aura au mieux offert à Nicolas Sarkozy qu'un bien maigre avantage, à rapporter à son déni de bilan incessant. Des "paroles et des actes" forts ternes, et une des dernières tartufferies, jouée par le maitre de l’esbroufe, prestidigitateur du vide, qui par deux fois d'une pirouette et d'un soufflet évita de répondre à son engagement: "Je m'engage si je suis élu à faire baisser le chômage à moins de 5%, sinon j'en tirerais les conséquences". Il frôle les 10%, sa côte est abyssale, et les conséquences seront pour le dernier acte, joué début mai...

lundi 5 mars 2012

Sofian Mustang


Song of tonight, good EP from Sofian Mustang:



vendredi 2 mars 2012

Un dimanche écossais

Lors d'un week end en Écosse, de manière impromptue, suivant la foule, je me retrouvais dans un stade effervescent. Des chants des gens peinturlurés courant sur un prés vert. La preuve en image:



lundi 27 février 2012

Ou XV Bleus anémiques triomphent d'Ecossais bordéliques


Lorsqu’on est français et expatrié depuis presque un an en Angleterre, un match du Tournoi en terre écossaise et un vrai dépaysement. Enfin je devrais plutôt dire un retour au source, tellement Edimbourg avait pris le temps d’un weekend l’accent du Sud Ouest. L’Ecosse est une terre accueillante pour ovaliste convaincu, aussi, c’est une foulé hétéroclite de supporters français que nous avons pu croiser dans les rues de la vieille ville.

Le supporter français est à son habitude, d’une discrétion toute relative. Loin de se convertir au flegme britannique, la délégation tricolore devient de plus en plus volubile, à proportion de la quantité de houblon absorbée.

Décor parfait pour un match de rugby, avec des supporters, de l’ambiance et des chansons. C’est dans un bus bondé, où une colonie de supporters béarnais portant fièrement bérets et moustaches, entonnaient des chants en patois, au grand étonnement des autochtones, ne connaissant guère les subtilités (sic) du folklore occitan. Une chance d’ailleurs, qui leur évite les nuances des chants à la gloire du sexe féminin, et les différentes variantes du répertoire du bon festayre.

Voici donc Murrayfield, et son effervescence d’avant match. Les supporters déjà peu discrets la veille, rivalisent de tenues outrancières. On a pu apercevoir diverses tribus gauloises, une collection d’Obélix cocardiers. La mode semblait être cette année au chapeau de coq, avec de multiples dérivés, avec ou sans patte, mobile ou fixe, ergot ou crête, un véritable poulailler ambulant. Il est toujours amusant de constater le peu de dignité de l’ovaliste en déplacement. Par contraste, les supporters écossais sont nombreux à porter le kilt, révélant pour beaucoup des jambes nourries à la pratique du rugby, à défaut d’avoir vu le soleil un jour.

Murrayfield c'est la Rollex du pauvre, à voir une fois.
Et le match dans tout ça me direz vous ? Un match contrasté, dont on pourra surtout retenir l’émotion de l’avant match, et la sensation unique de ce Flower of Scotland, lorsque se tait la cornemuse et que les poitrines écossaises reprennent a cappella le dernier couplet. Voir et entendre un jour cette ambiance est sans doute le graal du supporter de rugby.

A entendre cette effervescence, on en vient à se demander comment leur équipe en vient à lutter de manière régulière pour éviter la dernière place du Tournoi. Hier ce n’était cependant pas l’Ecosse en bois que nous vîmes mais l’équipe de combat.

Dès le début du match, les écossais monopolisèrent la balle,  ne laissant aucun répit à des français aux jambes visiblement de plomb. Les écossais multiplient les temps de jeu, sans se défaire de nombreuses imprécisions et mauvais choix. Il leur faut 8 minute de ce traitement pour enfin voir le surnombre au large, et envoyer Hogg aplatir. Les français sont cueillis à froid et essayent de reprendre un peu de souffle, tandis que Laidlaw converti en coin.

On s’attend à une prompte réaction française mais les Bleus semblent décidément hors du coup, pénalisés en mêlée fermée et incapables de mettre la main sur le ballon.  La 20e passée redonne de l’allant aux français, avec Médard qui s’envole sur 50 mètres, avant d’être repris. Les français retrouvent du jeu même s’ils se mettent à la faute et voient les écossais mener de 10 points.

Fofana encore une fois efficace.
C’est le premier vrai déclic, 3 minutes plus tard, sur une pénal touche bien négociée dans les 22 du Chardon, les bleus écartent sur Fofana qui marque son second essai en autant de match en bleu.  La suite de la mi-temps voit les écossais repartir au combat, sans une grande clairvoyance, ni efficacité. Les écossais butent sur la défense française enfin réveillée et solide, et se font prendre à la faute en mêlée fermée, offrant à Parra la pénalité de l’égalisation avant le retour au vestiaire.

10 partout à la pause, et on se dit, que c’est franchement chanceux pour la France, chanceux d’affronter une équipe joueuse mais peu efficace, pleine d’envie mais maladroite, fidèle à cette image de néozélandais du Nord sans le génie.

Dès l’entame de la seconde période, les français partent sur de meilleures intentions et multiplient les temps de jeu, essentiellement au près, récoltant une pénalité et prenant l’avantage à la 47e. Ainsi, sans briller, la France se trouve en tête. Sauf que les écossais n’étaient pas tout à fait cuits. S’appuyant sur une touche efficace, ils glanent plusieurs ballons dangereux, et profitant d’une récupération sur une attaque de Clerc, jouent un contre cette fois rapide et efficace, envoyant Jones à l’essai,  et relançant l’effervescence dans les tribunes.

Une libération poussive que ce match
17-13 pour l’Ecosse, et on pense craindre une de ces rares défaites françaises à Murrayfield, pris sur l’engagement. Pas le temps de gamberger cependant, car à peine le jeu repris, les français repartent à l’attaque ou Malzieu sur l’extérieur fixe son adversaire, raffute et passe intérieur pour Médard qui accélère et va à l’essai. Heureusement cette équipe à de la réaction, C’est cependant la dernière action de Maxime Médard, qui traine la rouflaquette et la jambe et se voit remplacé par Beauxis, voyant son Tournoi terminé, sans doute aussi sa saison.

C’est cependant ce changement, conjugué au remplacement de Swarzewski par Servat plus tôt, peu convainquant dans son rôle de pizzaiolo, qui va plier le match. La mêlée française est désormais intraitable. Beauxis à l’ouverture soulage l’équipe de son pied précis et inscrit un drop à la 68e minute qui donne 6 points d’avance aux Bleus. Les écossais tenteront un dernier raout, à kilt ou double (je ne vois pas pourquoi seul Mathieu Lartot aurait l’apanage des jeux de mots en bois), mais sont rattrapés par leur éternelle maladresse.

C'est donc ça la Gaulle...
Au surplus et dans le but de tromper l’adversaire, un striker français peinturluré, le chibre embrassé dans l’étendard tricolore s’invite sur le terrain. Le défaut de métier l’empêche de traverser la pelouse, et il est rattrapé par la sécurité, offrant la dernière, et seule action d’éclat française.

Le match se termine sur un score de 23 à 17, ou l’on a senti les français rouillés, sans doute aidés par l’inactivité forcée de leur dernier match annulé. Les écossais ont joué leur partition traditionnelle, pleine d’envie et de jeu à la main, avec les mêmes lacunes en terme d’efficacité. En effet, une fois les français en jambe, les écossais eurent plus de mal. La France s’en sort bien et l’équipe du goret affiche un bilan immaculé. Le calendrier ayant heureusement gardé pour la fin les plus gros morceaux.

Certains joueurs ont surnagé, comme Malzieu solide à l’aile, spécialiste du raffut. Le néophyte Fofana prend du poids au centre, contrastant avec un Rougerie poussif. La paire de demie a vu une prestation contrastée, avec un Parra propre comme éjecteur et buteur, alors que Trinh Duc  n’a guère fait la différence, s’empalant le plus souvent sur le premier rideau. L’entrée de Beauxis a donné de l’amplitude au jeu français, et son pied a fatigué des écossais coureurs. Quant au pack, il eut des couacs dans les premières mêlées, avant de se reprendre avec un bon coaching, et de dominer leurs opposants. La touche fut très contrastée peu aidée par un Swarzewski imprécis et un Harinordoquy en sous régime, et encore une fois, Dusautoir a fait du bien à l’équipe, plaquant à tour de bras, calmant l’euphorie écossaise.

Le croisement Franco Ecossais fait de bien curieux mélanges
Une victoire positive, dans une ambiance exceptionnelle sur une vraie terre de rugby. Un bon match du Tournoi en somme, à défaut de proposer un match d’un niveau exceptionnel. On voit tout de même une équipe bien ensemble et volontaire, ne craquant pas lorsqu’elle est dominée ou dépassée au score, et qu’il faudra sans doute revoir face à un meilleur calibre.

vendredi 10 février 2012

Ou un président dérivant revient à ses premiers fondements


Il y avait eu les premières saillies, le discours de Toulon notamment. Puis sont venus les francs tireurs, sabre au clair. Sous le commandement de Brice Hortefeux, ils sont partis au front le verbe haut, vite rejoints par l'artillerie lourde, la conscience civilisatrice occidentale. Il ne manquait plus que les mouvements du général qui pendant ce temps ourdissait son plan de bataille.

Le Figaro Magazine est heureux d’annoncer
les fiançailles du FN et de l'UMP
Dévoilé en partie par le Figaro Magazine, le Sarkozy nouveau de 2012 sera une version encore plus réactionnaire que celui de 2007. Retour des valeurs, travail, responsabilité, autorité. Fini le temps du pouvoir d'achat et les digressions relativement gauchisantes électoralistes. La droite, la vraie soulève le coin du rideau. Avec un Hollande contrôlant la gauche, et un Bayrou se droitisant, le président stratège choisi le passage à droite, plus à droite.

Choix logique, choix populiste. Alors que Marine Le Pen évoque ses problèmes de signatures, dont on ne sait s'il s'agit d'un énième bluff, où si au jour du dépôt, elles lui feront défaut. Le président sortant en proie à un désamour fervent, a constaté la polarisation électorale, et en revient donc à ses fondamentaux.

Ironie et facette déformante de celui qui prônait le pouvoir d'achat et le rassemblement en 2007. sur ces points il n'a su convaincre, ne faisant qu'entretenir les clivages dans toutes les sphères sociétales.
Il y a un mois, la crise était la cause du chômage. Aujourd'hui, les chômeurs sont montrés du doigt comme responsables de leur situation. Tout comme les immigrés, parasites indiqués de la société, dont ne soyons pas dupe, l’islam est le premier visé.

La république de Sarkozy sera une république référendaire. C'est la méthode choc, le choix proposé par le président. Proposer par referendum des réformes de société. Retrouvées les vieilles ficelles gaullistes. Il est envisagé de mettre au référendum deux nouvelles lois sur le chômage et l'immigration.

  • Sur le chômage, l'objectif de la reforme est d'obliger après un temps défini les chômeurs à suivre une formation qualifiante dans un autre métier, dans un secteur défini à l'avance par un Comité aux contours flous. Une fois qualifié ce chômeur chanceux aura pour obligation d'accepter le premier emploi proposé.
  • En ce qui concerne un potentiel référendum sur l'immigration, il viserait à donner plus de pouvoir en la matière aux juridictions administratives plus que pénales.

Deux mesures pour le moins chocs, pour le moins douteuses aussi. Si des mesures d’accompagnement des chômeurs de cette sorte existent aussi dans d'autres pays nordiques, celles-ci n'ont pas toutes cette description martiale. Dans d'autres, notamment le modèle allemand si idolâtré actuellement, les chômeurs sont obligés d'accepter l'emploi proposé même déqualifié, et surtout à temps très partiel. Mieux vaut des salariés pauvres que de se poser les bonnes questions... Le président du pouvoir d'achat oublié est passé à la méthode stigmatisante. La voix référendaire permettra de choisir si les chômeurs sont de dangereux profiteurs...

Outre le caractère soviétique d'une mesure s'approchant du travail forcé, on peut s'inquiéter de l'intégrité des "comités" décidant des secteurs nécessiteux. Les mauvaises langues pourraient imaginer des accointances se lier avec des "amis" du président. Ainsi imaginons Mr A. Nonyme, que la réforme du CAPES en master II laisse en rade avec une Licence de Lettre, peu porteuse sur le marché du travail, se voit offrir une formation qualifiante, chez Bouygues, avec à la clé un travail chez le bétonneur. Anticipation, ou hypothèse d'une mesure déqualifiante?

Quant aux immigrés, donner des pouvoirs administratifs étendus, c'est faire fi des particularismes et continuer cette politique de chiffre en matière d'immigration, qui ne régule que par variable d'ajustement.

Chômage volontaire, immigration, valeurs brandies, et autorité encore, encore, toujours. La France qui a peur sera donc au programme.

La démarche est évidente, la thématique du diviser pour mieux régner comme programme. Un programme qui s'approche de plus en plus des frontières avec le Front National, que des démocrates comme Claude Guéant franchissent désormais sans complexe. La droite gaulliste traditionnelle est en lambeau, incapable d'ériger ses valeurs surannées, elle préfère désormais aller chercher plus obscur.

Il est triste de voir encore cette image de la France, image de la haine. La haine de l'étranger, le rejet des populations qui souffrent, et qui après s'être vu promettre un pouvoir d'achat nouveau, sont maintenant les boulets d'un système qui s’essouffle.

Il est insupportable d'entendre encore une fois l’éternel refrain du changement dans l’autorité, alors que l'on pourrait envisager le vivre ensemble comme objectif. Faire jouer la peur et la confrontation, c'est accentuer les clivages entre deux France, les "travailleurs" et les "feignants", les français et les étrangers, les gens de valeur et ceux sans morale, la droite patriote et la gauche laxiste...

10 ans, 10 ans de gouvernement sans partage, et rien ne change. Cette condamnation de l'assitanat est encore une nouvelle façon de vouloir imposer au peuple français l'image d'un père tutélaire. C'est aussi le contrepied d'un changement que les français sont censés attendre, changement qui chaque fois nous renvoie aux mauvais moments de notre histoire, où les français s'opposaient, et où les antagonismes était attisés.

Espérons que les électeurs ne seront point dupe des discours à venir,  ne se feront pas encore prendre dans l'engrenage de la haine. C'est une malhonnêteté intellectuelle de ne pas reconnaitre ses torts, et de ne pas assumer 10 ans d’errements. Au  nom du pouvoir, sous domination de cette insatiable soif de puissance, le président sortant est prêt à tout pour ne pas lasser sa place. prêt à se déjuger, prêt à se présenter en recours d'un système dont il est le principal artisan. Un président qui redoute l'abandon du pouvoir, qui craint la situation ectoplasmique d'un Giscard. Serait il africain, nul doute qu'il se serait fait nommer président à vie.

Un costume trop grand, trop daté surtout
Il y a des ressemblances, on pense à Napoléon, dans la volonté à garder le pouvoir. Il souhaite la comparaison avec De Gaulle, dont il reprend à son compte la pratique référendaire, à la différence que Nicolas Sarkozy n’aurait sans doute pas la décence de se démettre en cas d'échec. le référendum dont il ne fit guère cas, passant outre celui de 2005 sur l'Europe pour négocier dès son arrivée à l’Élysée la même Constitution que le peuple avait refusé.

Il reste encore une barrière ultime, dans le vote des électeurs. Eux peuvent bientôt mettre un clap de fin aux errements d'un premier consul gesticulant. Un dernier rempart électoral, pour refuser un retour en arrière. Nul doute que près de ses amis, le président trouvera toujours un point de chute. L'important c'est qu'il y ait chute