lundi 11 mai 2009

La main du gitan




Ah le cyclisme, sport ringardisé et stigmatisé par le dopage. Difficile de prendre ce sport au sérieux à moins d'être plongé dedans depuis sa plus tendre enfance comme c'est mon cas. Passer de la politique au vélo revient je le conçoit à sauter du coq à l'âne mais l'actualité est une nouvelle fois chargée sur le plan du dopage, ce qui masquerait presque le retour de l'ancien retraité Lance Armstrong, fêté en vedette lors de son arrivée sur le tour d'Italie. Il est vrai aussi que l'actualité dopage française est chargée par les narines du futur ancien grand espoir du tennis pris en flagrant délit de prise de cocaïne.

Cocaïne qui est le sujet dopant du cyclisme puisque le récent vainqueur du Paris-Roubaix, le flamand Tom Boonen a été contrôle à cette substance. Substance appelée festive et à la mode semblerait il actuellement, mais pour ce sympathique et brillant cycliste, ce deuxième contrôle à la cocaïne en deux ans fait planer un doute sur la suite de sa carrière. Même si il ne devrait pas y avoir de sanctions sportives, le coureur qui a avoué sa dépendance à l'alcool et aux soirées semble devoir mettre son avenir en parenthèse.

Ce qui m'amène au sujet qui m'interesse particulièrement. Y aurait il une conspiration pour faire tomber Tom Boonen? Idée aussi absurde en apparence que les dénégation de Richard Gasquet, cependant elle renvoie à la légende de Paris-Roubaix et à Roger de Vlaeminck aussi surnommé le gitan. Celui-ci était un cycliste réputé de l'époque d'Eddy Mercx, dont il fut un fervent adversaire sur les courses d'un jour représentant de la campagne flamande quand Eddy Mercx venait de la communauté wallonne, montrant la dichotomie toujours actuelle de la Belgique. Celui-ci est célèbre pour détenir le record de victoire sur Paris-Roubaix avec 4 victoires, record dont il tient particulièrement. En effet, en 2002 Johan Museuuw, autre roi des Flandre décroche son 3e Paris-Roubaix et se projette déjà sur son 4e. Mais l'année d'après un flamand inattendu lui barre la route pour gagner son seul enfer du Nord chapeauté par les conseils et l'aide du gitan dont le trône était menacé. Johan Museuuw terminera sa carrière sans avoir égalé son prédécesseur.

Jusqu'à ce qu'un jeune flamand aussi, nommé Boonen décroche très jeune son Roubaix, et démontre une grande capacité dans l'exercice et a décroché à 29 son 3e Roubaix il y a un mois. Tout l'avenir devant lui pour rejoindre le maitre, et peu de spécialistes pour le contrer, la route de la légende était ouverte... Sauf que... encore une soirée arrosée, une prise de drogue, un coureur en dépression pas de souvenir des événements et une carrière peut être achevée. Curieuse coïncidence qui semblerait porter la main de Roger de Vlaeminck, comme si son trone devait être protégé, afin qu'à jamais il reste seul sur son trône...

Bon certes là il faut imaginer et être fan de cycliste pour percevoir un quelconque intérêt à ce que je viens d'écrire, mais bon après un weekend chargé par la rédaction d'un mémoire, j'avais envie d'écrire sur des choses futiles, gageons que cette mission semble réussie, mais si dans l'assistance un amateur de la petite reine trouve un intérêt à cet article je le remercie d'avance de me le signaler...

samedi 2 mai 2009

En mai on marche, en juin on vote.



Je me suis subitement rendu compte hier lors de la parade rituelle de la fête du travail, qu'outre le fait que le prix du muguet du parti communiste ne favorisait pas le pouvoir d'achat, les élections européennes aurait lieu en juin. Prise de conscience tardive qui me fait penser que je ne suis pas le seul à me réveiller tard, ce qui devrait augurer la traditionnelle abstention qui accompagne cette élections, misons peut-être sur 70% de voteurs buissonniers en juin.

Ceci dit la manifestation d'hier pour une fois unitaire et rassembleuse fut une belle occasion de voir les partis politiques en ordre de marche. A ma grande surprise nous vîmes passer un cortège socialiste conséquent, chose inhabituelle ces dernières années. Ce fut aussi l'occasion pour nos camarades anciennement révolutionnaire mais toujours trotskistes et résolument révolutionnaires de sortir avec leurs nouvelles couleurs, démontrant que l'extrême gauche à le don pour la communication, avec un superbe fleurissement de drapeaux rouges à la gloire du NPA et de son Saint Mégaphone. La parade se terminant sur le nouveau front de gauche communistes/anciens socialistes. Belle opération de communication des partis de gauche que nous vîmes donc hier, quant à savoir si cela se traduira massivement dans les urnes d'ici un mois, difficile à dire.

Cependant le débat sur les élections européennes dans les médias nationaux n'est à un mois des échéances que parcellaire. En effet l'actualité porcine devançant celle politique on ne voit pas beaucoup de communication sur ce sujet. Et déjà que cela ne passionne guère de monde... Cependant pour ceux qui sont intéressés nous pouvons noter d'intéressants essais de communication de la part des chasseurs associés cette fois à cette majesté de Vendée, dernier chouan à ne pas avoir été décapité son altesse de Villiers, qui proposent un pastiche de Star Wars résolument... original! Nous pouvons aussi noter la scandaleuse campagne du Front National récupérant l'image de Jaurès et Salengro en expliquant que s'ils étaient aujourd'hui vivants ils voteraient FN (je me garderais pour les béotiens de faire ici le CV de Jaurès et Salengro). Récupération lamentable d'un courant résolument en perte de vitesse (il est vrai que notre cher président en avait récupéré beaucoup). Sinon bien peu de choses à signaler sur ce sujet, la campagne ne semble pas lancée. Gageons que lorsque notre bien aimé président qui a annoncé qu'il s'impliquerait dans cette campagne décidera de se lancer, la machine s'emballera. Espérons cependant que le CSA respectera sa décision de comptabiliser la parole présidentielle comme la parole de son parti...

Sinon en attendant je me dis qu'en comparaison au rôle croissant de l'union européenne, à la multitude de décisions d'importance prises à Bruxelles à l'insu des européens peu informés, il serait peut être judicieux de sensibiliser les électeurs à leurs responsabilité pour éviter une abstention massive en juin. Car si l'Europe ne semble intéresser personne, celle-ci s'impose de plus en plus

vendredi 27 mars 2009

Bête à con, cours!





Étant actuellement en intenses révisions, ce qui se voit évidemment, vu que j'arrive à trouver le temps d'écrire des articles sur Internet au lieu de me mettre à potasser... Bref... Je tenais à évoquer ma situation actuelle et celle de nombreux anciens étudiants, chasseur de concours...

En effet, si passer des concours n'est pas une activité lucrative, c'est une activité qui occupe bien des étudiants une fois leurs études terminées. C'est souvent une des seules voie s'ouvrant à la fin de l'université, voire pour des formations du type AES, la seule voie. Voilà donc des étudiants qui leur diplôme en poche s'en vont courir le concours.

Car si la discipline n'est pas olympique, passer des concours relève d'une course d'obstacle. Il faut fureter sur les sites Internet des diverses administrations pour trouver les dates, les dossiers, et finalement arriver à s'inscrire. De nombreux sites Internet profitent d'ailleurs de cette confusion et de cette multitude de démarche pour proposer moyennant paiement un aiguillage...

Une fois votre concours choisi le plus intéressant commence, car vous devez être disposé à courir la France, les plus belles villes vous accueille pour vous faire passer les concours les plus disparates, Limoges, Besançon, Lilles... Et puis Paris dont vous ne verrez de votre visite généralement qu'un gigantesque parc des expositions avec des rangées de tables à perte de vue.
C'est la toute la beauté de ce sport, une fois choisi votre concours, une fois votre voyage effectué, vous vous retrouvez, au beau milieu de milliers de candidats plus disparates les uns que les autres, et on vous annonce solennellement que vous postulez pour 15 places... Et votre déprime commence là...

5 ans d'études, un diplôme en poche et la seule possibilité que l'on vous offre est un concours ou vous avez 1 chance sur 100 d'être reçu, voire sur 1000 la plupart du temps. Et cela pour un poste de secrétaire administratif de catégorie B. Rappelons que les concours sont de 3 catégorie; C sans bac; B niveau bac et A niveau Bac +3. C'est le paradoxe de ce système, postuler après cinq ans d'étude pour un concours ne demandant que le bac ou la licence. Et je ne parle pas des licenciés qui se frottent à des concours de niveau bac, pour un poste médiocre...

Voilà illustré encore le paradoxe de l'université française qui forme peu, et qui envoie ses étudiants dans des concours ou la sélection est aléatoire. Rechercher 15 secrétaires parmi 1000 étudiants est une méthode assez peu courante dans le secteur privé mais plutôt fréquente dans le public.

Le problème, c'est que l'État français emploie 1/4 de la population, les concours sont donc la seule porte d'entrée. mais cette porte se referme, et le recrutement devient absurde. En effet n'est il pas absurde de faire des concours ou aussi peu de postes sont offerts, et ou se bousculent des étudiants surdiplomés? Et le système ne devrait pas s'améliorer dans l'avenir... La volonté affichée du gouvernement actuel de diminuer les postes dans le secteur public ne fera qu'aggraver la bousculade à l'entrée et la surenchère des diplômes. Faudra t'il bientôt connaitre Baudelaire par cœur pour photocopier un avis d'imposition?

Cette situation correspond à ce que l'on appelle sociologiquement le paradoxe d'Andersen, à savoir qu'à emploi similaire, nous avons du faire plus d'études que nos parents. Pour une famille ou les parents fonctionnaires avaient été pris au niveau Bac, il faut pour atteindre le même poste une Licence minimum, avec ce que cela comporte d'années d'études en plus...

Ce système de concours frise donc l'absurde, et pour les candidats propose une passade déprimante, jusqu'à ce que lassés de tenter leur chances ils sont nombreux à aller pointer à l'ANPE...

jeudi 26 mars 2009

Renvoi aux 22




Je me lance de suite dans un message paradoxal; Si mon premier message était politique, celui-ci sera plus sportif, histoire de mélanger les genres!

L'actualité sportive de ces dernières jours fut plutôt agitée, notamment par la chute d'un américain illustre sur une route espagnole. Cela dit s'eût été plus ridicule si son homonyme en son temps eût été victime d'une chute en effectuant un grand pas pour l'humanité... Je ne m'attarderais pas plus sur ce fait de course cycliste qui démontre cependant qu'à 37 ans on est plus apte pour une cyclotouriste que pour une course en peloton...

Non l'actualité sportive qui a tenu en haleine la communauté d'ovalie durant deux mois, c'est cet événement rituel qui occupe nos samedis après midi depuis des décennies: le tournoi des 5 Nations (que l'Italie ne prenne pas ombrage mais son tournoi démontre que le rugby se joue encore à 5 en Europe...). Tournoi exceptionnel non en terme de jeu mais en terme de résultat puisque pour la deuxième fois seulement en 100 ans, l'Irlande a gagné le grand Chelem, et cela 61 ans après le premier. Saluons donc le fighting spirit triomphant qui porte une génération exceptionnelle au sommet de l'Europe rugbystique à un moment ou on ne s'y attendait plus. Et ce avec des victoires au cordeau de 1 point contre l'Angleterre et de 2 point contre le pays de Galles, ou le match faillit basculer de l'autre coté sur une dernière pénalité heureusement ratée des gallois. Saluons donc, et ne critiquons pas comme le sélectionneur français considérant la victoire des verts comme la victoire du non jeu...

Parlons donc de la France qui se permet critique quand les résultats ne se firent pas transcendants... Commencé par une défaite en Irlande, le tournoi français se continua par une victoire peu probante contre l'Ecosse suivi d'un exploit face au gallois, puis une ratatinade comme on n'en avait plus vu depuis 10 ans face aux anglais, pour finir sur une balade de santé rafraichissante en Italie. On voit donc un bilan contrasté avec un pic face au Pays de Galles qui a son pendant négatif en Angleterre. Difficile de comprendre ce XV de France erratique tantôt génial, tantôt lunaire, tantôt ailleurs... Retenons donc qu'il y a du travail à effectuer pour trouver un jeu constant, et régler d'énormes failles défensives. Tout n'est pas désespéré si l'on se réfère au bilan du précédent sélectionneur qui après deux saison était similaire à celui-là. Il se profile cependant une terrible tournée dans le Pacifique en juin qui pourrait tourner au cauchemar, avec une équipe peu préparée qui pourrait se faire écorcher par les Blacks. Cela reste à voir mais de belles promesses ont vu le jour à l'image de Bastareaud en centre, Parra à la mélée et Barcella à la pile. Souhaitons leur de grandir en paix, contrairement à l'icône des français, notre Chabalou national, systématiquement décrié par la presse spécialisée à la moindre mauvaise passe, comme s'il concentrait en lui seul la victoire ou la défaite d'un groupe...

Enfin ce Tournoi reste entaché de la querelle entre les clubs et la fédération, donnant lieu à des calendriers stupides ou le même weekend se chevauchèrent journée du Tournoi et journée du Top 14. Comment avoir des compétitions crédibles dans ces conditions? Comment assurer un spectacle de qualité? Et surtout comment protéger la santé de joueurs surmenés? Telle est la question et le prochain chantier français, pour éviter que la prochaine Coupe du Monde se transforme en Berezina...

Brêve introduction...

Cette semaine me semble idéale pour commencer ce nouveau blog. En effet, étant anciennement étudiant de Bordeaux IV les événements de cette semaine ne peuvent que me réjouir. Car Bordeaux la belle endormie avait à son image une université de droit et d'économie placide, ne faisant pas de remous.

Pourtant depuis 2006, les eaux de cette faculté bruissaient de remous contestataires. En effet lors des événements du CPE, une bande d'étudiants prirent fait et cause contre cette loi, organisant la mobilisation et prenant symboliquement le contrôle d'un amphithéâtre. Quelques semaines de lutte plus tard le CPE fut abolit grâce à la mobilisations de milliers d'étudiants à travers la France. L'esprit militant venait de voir le jour sur Bordeaux IV. Une association se créa nommée Organisation Séparatiste de Bordeaux IV se fixant comme but d'ouvrir l'esprit des juristes bordelais, et de changer le système corporatiste en place au sein de Bordeaux IV.

Cependant, les traditions ayant la vie dure, le calme régna encore une année. Jusqu'à ce que de manière anodine, un gouvernement nouvellement élu décida en profitant de la trêve estivale de faire passer une loi appelée LRU modifiant de manière drastique le fonctionnement universitaire. Ce fut le début en France de mouvements estudiantins contre cette loi, mouvements qui touchèrent une fois de plus Bordeaux IV, provoquant pour la première fois un blocage de l'université et le recours à l'intervention des Compagnie Républicaine de Sécurité par la présidence. Mais cette fois les germes contestataires avaient éclos, et Bordeaux IV avait changé...

Et nous voilà en 2009 ou vient de se dérouler une semaine charnière. Une association étiquetée de gauche, et n'en disconvenant pas a recueilli la majorité des suffrages sur le site principal de Bordeaux IV lors des élections du CEVU, et la gronde contre la LRU a atteint un nouveau palier avec le blocage total de l'université reconnu par le président. En effet la contestation contre la LRU est en cela unique qu'elle regroupe pour une des première fois enseignants et étudiants sur le même front. C'est dire le danger que représente les réformes actuelles des universités et la peur d'un enseignement à deux vitesses qui règne au sein de l'éducation.

Car l'exemple bordelais que je tenais à expliciter n'est qu'une copie d'une tendance nationale. Depuis 2006, la jeunesse s'inquiète de son avenir, et à ses inquiétudes bien peu de réponses sont apportées. L'université première porte de sortie des scolaires sans objectifs, propose un avenir morose. Bientôt des campus d'excellence avec de facto des universités laissées de coté et donc des étudiants sans débouchés. De plus une dégradation du secondaire se prépare, avec la réduction du personnel de l'éducation nationale et une prochaine disparition des concours d'accès à l'enseignement.

Il semblerait que l'on se dirige vers une éducation de papier, faite par des professeurs vacataires n'ayant que guère d'espoir de titularisation... Comment former de manière efficace les générations futures? Comment comprendre qu'un grand pays comme la France ne consacre que très peu d'argent à la formation des étudiants et puisse ensuite prétendre lutter contre le chômage et l'exclusion? Il n'est pas digne de notre pays que les seules formations de qualité soient réservées à ceux qui en ont les moyens, et qu'on laisse péricliter le secteur public.

Alors ce premier billet mesure avec justesse l'espoir que me donne la vision d'une réelle mobilisation étudiante, mais considère aussi que cette mobilisation est à l'image de l'avenir proposé: basée sur la peur, et la vision d'un futur sans débouché...